Qui vit l'insécurité linguistique ?
L'insécurité linguistique est vécue à travers les personnes qui habitent dans les régions francophones et non-francophones. Voici les témoignages des personnes qui la vivaient.
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Alex Brownstein (iel)
Personne étudiante en maîtrise en sciences sociales, personne employée à SAFE, un programme d'outreach pour les jeunes queers et autochtones.
Originaire du Cap-Breton et issu.e de l'immersion, Alex poursuit une maîtrise sur l'engagement des jeunes à l'Université de Moncton, après un baccalauréat en éducation. Ayant pour philosophie d'être la personne dont iel avait besoin plus jeune, iel s'investit profondément dans deux causes : la diversité 2ELGBTQIA+ (actuellement à la direction générale de GRIS Acadie) et le bilinguisme (trésorerie de Jeunesse canadienne pour le français). Fort.e de son parcours associatif, Alex donne aujourd'hui des conférences sur l'inclusion, la sécurité linguistique et le leadership, afin de nous inciter à transformer nos obstacles en actions !
Quelle est ta relation avec la langue française ?
Ma relation avec la langue française a commencé dès que je pouvais parler, mais pendant mon enfance c'était limité aux interactions orales avec ma mère jusqu'à la septième année pendant laquelle j'ai commencé l'immersion tardive. Après l'immersion française, je me suis mis.e au défi à améliorer mon français pendant mes études à l'Université de Moncton. En ce moment, j'étude et je travaille en français, puis mes interactions amicales sont moitié français et moitié anglais. Je dirais ma vie est très bilingue.
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Qu'est-ce que ça veut te dire « l'insécurité linguistique » ?
Une insécurité au sujet de la façon dont on parle dans une certaine langue que ça soit sa langue première ou une langue apprise plus tard.
Qu'est-ce que tu penses du terme « bon français » ?
Je le déteste. Il n'existe pas de bon français, juste de différentes façons à parler une langue.
As-tu déjà vécu une situation précise où tu t’es senti(e) jugé(e), moqué(e) ou corrigé(e) à cause de ta façon de parler ?
Oui, à plusieurs reprises. Un exemple concret était quand ma prof pendant ma première session à l'Université de Moncton m'a dit que j'allais échouer ma présentation orale dans son cours si je n'améliorais pas très rapidement mon français (ma présentation était la semaine d'après). Finalement, j'ai eu un A+ sur le projet... j'ai réalisé après qu'elle voulait me stresser pour rien, mais dans le moment ça m'a fait paniquer et sentir impuissant.e.
Qu'est-ce qui, selon toi, pourrait aider les personnes à se sentir plus confiants et fiers de leur variété de français ?
Premièrement, il faut changer les mots/expressions qu'on utilise pour en parler, par exemple, "variété de français" à la place de "bon français". Je crois aussi qu'en parlant de l'insécurité linguistique, on permet d'identifier sur quoi y travailler. Identifier et nommer mon insécurité linguistique m'a permis de continuer à parler en français sachant que je le vis, mais que je n'allait pas me permettre d'arrêter de parler sachant que ça deviendrait pire si je me suis laissé.e faire prendre et complètement arrêter de parler en français.
